Lutte contre la corruption au Mali : la Cour d’assises spéciale démarre le 1er juillet 2024

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A partir du 1er juillet 2024, la Cour d’Assises spéciale du Mali débute ses audiences sur les infractions liées à la gestion des derniers publics./Photomontage-Ouestaf News.

La Cour d’assises spéciale sur des dossiers dits de corruption et de délinquance économique et financière s’ouvre le 1er juillet 2024 à Bamako pour une durée de deux mois, annonce le site d’information du journal gouvernemental, L’Essor.  

Initialement prévues en juin de cette année, ces assises, « très » attendues par les Maliens, vont élucider des affaires impliquant de nombreux hommes politiques et d’affaires impliqués dans de présumés dossiers de détournements de fonds publics, de malversation et de délinquance financière.  

Dans un premier temps, la Cour d’assises se penchera sur un stock de 50 affaires en lien avec des infractions présumées d’atteinte aux biens publics, de faux et usage de faux, de blanchiment de capitaux, d’escroquerie et d’abus de confiance.

Parmi ces dossiers, figure celui de l’ancien président de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de coton (C-SCPC), Bakary Togola, relatif aux ristournes dans la filière coton. En août 2023, M. Togola était inculpé pour « atteinte aux biens publics, faux et usage de faux et complicité ».

Il était accusé d’avoir effectué un versement de 13,4 milliards FCFA au profit de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) entre 2013 et 2019. Sur cette somme destinée à la formation et la mise à niveau des membres de 7.700 coopératives de cotonculture, 9,4 milliards FCFA avaient disparu des livres de compte.

Une autre personnalité concernée par les assises est le général Salif Traoré. Cet ex-ministre de la Sécurité sous le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) est inculpé depuis août 2023 pour détournements de biens publics et complicité d’abus de biens sociaux. 

Il avait été arrêté dans l’affaire dite « Sécuriport », une entreprise américaine spécialisée dans la mise en place de systèmes de sécurité aéroportuaire. Ces agissements présumés auraient permis aux dignitaires d’IBK de détourner plusieurs milliards FCFA.

En 2016, les autorités maliennes avaient paraphé un accord avec la société américaine pour « la fourniture et l’exploitation d’un système de sécurité de l’aviation civile et de l’immigration » à l’aéroport de Bamako-Sénou, dans le cadre de la lutte anti-terroriste.

Arrivé au pouvoir en août 2020 à la suite d’un coup d’Etat contre IBK, le colonel Assimi Goïta a fait de la lutte contre la corruption sa priorité. « Que chacun prie pour que son nom n’apparaisse pas dans un dossier de corruption », avait-t-il prévenu lors de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an le 15 janvier 2024.

Selon le rapport 2022 de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI), publié en novembre 2023, l’analyse de 32 rapports produits montre des irrégularités financières de 188,8 milliards FCFA.

L’office national anti-corruption affirme avoir transmis à la justice malienne 23 dossiers polarisant 23 milliards FCFA en termes d’irrégularités dans la gestion des fonds publics.

ON/md

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