Lutte contre le paludisme en Afrique de l’Ouest : les bons et les mauvais points

Les cas de paludisme diminuent en Afrique mais des efforts restent à faire pour atteindre le seuil d'élimination.

Ouestafnews – Le paludisme recule dans certains pays d’Afrique de l’Ouest, grâce à la lutte anti-vectorielle. Pour d’autres pays, des efforts restent à faire pour atteindre les objectifs fixés dans le moyen terme.

«Le Sénégal, ces dix dernières années, a réduit drastiquement le nombre de cas de paludisme que nous recensons à travers toutes les régions du Sénégal », a déclaré à Ouestafnews, Dr Doudou Sène, coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP).

Avant 2000, le PNLP recensait « plus d’un million de cas de paludisme chaque année ». En 2017, au total « 385 mille cas » ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire».

Selon le rapport sur le paludisme dans le monde, publié en novembre 2017, 216 millions de cas de paludisme ont été recensés en 2016, contre 211 millions en 2015. L’Afrique subsaharienne représente 90% des cas.

Le Cap-Vert, seul pays proche de l’élimination

Considéré parmi les pays pouvant atteindre le stade d’élimination de la maladie, le Cap-Vert a connu entre 2010 et 2017, un total de 759 cas, indiquent les chiffres du Programme de pré-élimination du paludisme. Une période marquée aussi par une mortalité faible (9 neufs décès), souligne Adilson De Pina, responsable du Programme de pré-élimination du paludisme au Cap-Vert.

En 2015, une stratégie mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030 a été adoptée par l’Assemblée mondiale de la santé (68ème édition, tenue à Genève) pour orienter et soutenir les programmes régionaux et nationaux  de lutte contre le paludisme.

Cette stratégie s’est fixé comme objectif de «réduire de 40% l’incidence du paludisme au plan mondial d’ici à 2030» et éliminer le paludisme d’ici à 2030.

En Afrique, seuls six pays sont en mesure d’atteindre ces objectifs. Il s’agit de l’Algérie, du Cap-Vert, du Swaziland, du Botswana, de l’Afrique du Sud et des Comores, précise l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le Sénégal, dans son plan d’action stratégique, s’inscrit «dans une période intermédiaire en 2020 pour arriver à la pré-élimination, c’est-à-dire avoir moins de cinq cas pour mille habitants», a indiqué le coordonnateur du PNLP.

Un financement encore faible

Au Nigeria, le gouvernement fédéral a décidé de faire de cette maladie une priorité, annonçant  l’injection de 300 millions de dollars dans la lutte. Le pays le plus peuplé du continent représente 27% des cas mondiaux de paludisme, renseigne le partenariat Roll Back Malaria.

Au Ghana, le président Nana Akufo-Addo a fait part de son « optimise » quant à l’élimination de la maladie. Il a affirmé que l’objectif fixé de réduire de 75% le taux de mortalité et de morbidité d’ici à 2020 est atteignable.

Le mercredi 25 avril 2018, la communauté internationale a célébré la journée mondiale contre le paludisme. Dans un communiqué, le directeur Afrique de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, livre une appréciation mitigée des efforts consentis depuis 2000.

«Depuis 2000, des millions de décès dus au paludisme ont été évités notamment chez les enfants», rappelle-t-il, mais des « défis » subsistent.

«La lutte mondiale contre ce fléau est à la croisée des chemins: la baisse du nombre des cas et des décès est au point mort et les financements essentiels pour les programmes de lutte antipaludique plafonnent», ajoute-t-il.

Une inquiétude que nourrit aussi l’Union africaine. Dans un discours tenu lors de la conférence de l’Initiative multilatérale contre le paludisme (MIM en anglais), tenu du 16 au 20 avril 2018 au Sénégal, la présidente de la Commission sociale de l’UA, Mariama Cissé a invité les pays membres à augmenter leurs financements en matière de santé.

«Nous devrons nous soucier du rapport mondial 2017 sur le paludisme qui signale que pour la première fois depuis plus d’une décennie, les progrès sur le paludisme sur le continent africain, qui représentent près de 90% du fardeau mondial, sont au point mort», a souligné Mme Cissé.

En 2016, le financement destiné à combattre et à éliminer le paludisme était estimé à 2,7 milliards de dollars au total et la contribution des pays les plus touchés ressortait à 800 millions de dollars, selon l’OMS.

ON-MN/ad

 

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