Lutte contre le paludisme : où en est le vaccin ?

Ouestafnews – La recherche d’un vaccin contre le paludisme dure depuis plusieurs décennies, au moment où des produits dits prometteurs continuent d’être testés dans différents pays. A la lumière des résultats obtenus jusqu’ici, il reste un long chemin à parcourir.

Autrement connu sous la marque Mosquirix, le  RTS,S/AS01E, développé par la firme GlaxoSmithKline (GSK), est considéré par beaucoup de spécialistes comme le vaccin potentiel le plus prometteur.

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Le Mosquirix (RTS,S) est un vaccin « très prometteur qui permettra de vraiment révolutionner tout », a confié à Ouestafnews le professeur Tandakha Ndiaye Dieye de l’hôpital Le Dantec à Dakar.

Le Mosquirix, qui a reçu l’aval de l’Agence européenne du médicament, fait l’objet de test au Ghana, au Kenya et au Malawi.

En l’état actuel de la recherche, le vaccin développé par GSK a encore du chemin à faire. « Pour l’instant le Mosquirix ne protège pas au-delà de 40, 50% », fait remarquer le professeur Ndiaye.

Sur la base des premiers tests effectués de 2009 à 2014 sur un échantillon de 15 000 personnes dans plusieurs pays (Burkina Faso, Ghana, Gabon, Kenya, Malawi, Mozambique et Tanzanie), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que le Mosquirix permet « surtout de réduire de 40% le nombre d’épisodes paludiques, principalement les épisodes graves ».

En dépit de ces résultats mitigés, le Mosquirix fera l’objet d’une expérience pilote courant 2018 au Ghana, au Kenya et au Malawi.

Le professeur Oumar Gaye de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar espère lui des « résultats concluants » d’ici la fin de l’année 2018. Ce qui va permettre, selon lui, de l’intégrer au niveau des programmes de vaccination à travers l’Afrique.

Epidémiologiste et directeur de recherche à l’Institut pour le développement (IRD), le Docteur Cheikh Sokhna, reste lui pessimiste quant à la possibilité d’avoir un vaccin contre cette maladie.

Selon lui, « la diversité génétique du parasite » constitue le principal problème pour arriver à ce vaccin qui est évoqué depuis 1928.

« Il y a près de 5 000 à 6 000 souches de parasites du plasmodium, responsable du paludisme. Sélectionner donc certaines de ces souches et en faire un vaccin ne rendra pas ce dernier efficace face aux autres souches», a-t-il soutenu, dans un entretien avec le site scidev.net.

Parallèlement à cette recherche d’un vaccin, certains spécialistes soulignent aussi le fait que ceux qui vivent dans les zones touchées développent aussi une immunité contre le parasite. Sauf que celle-ci est limitée dans le temps et dans l’espace.

Au-delà du Mosquirix, plus d’une vingtaine d’autres projets de vaccin font aussi l’objet d’essai, selon l’OMS.

Dans ce lot, on compte le sporozite à Plasmodium falciparum (PfSPZ), développé depuis 2014 par le docteur Mahamadou Sissokho du Centre de recherche et de formation sur le paludisme de Bamako (Mali) et du Docteur Sara Healy de l’Institut national américain des maladies infectieuses et allergiques.

«Ce dernier pourrait être employé en tant que vaccin saisonnier, protégeant les personnes vaccinées le temps de la saison des pluies », ont indiqué les promoteurs de ce vaccin, dans un article de la revue scientifique The Lancet.

Au Bénin un candidat vaccin dénommé PAM VAC, et destiné à lutter contre le paludisme chez la femme enceinte, est à l’étude depuis 2015 au niveau du Centre d’étude et de recherche sur le paludisme associé à la grossesse et à l’enfance (CERPAGE) à Cotonou.

En 2016, 216 millions de cas de paludisme ont été enregistrés dans 91 pays, soit 5 millions de cas de plus qu’en 2015, indique l’OMS. Elle précise que l’Afrique « supporte une part disproportionnée de la charge mondiale de paludisme » avec 90% des cas de paludisme et 91% des décès.

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