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Nigeria : double opération militaire contre Boko Haram et des ravisseurs

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Ouestafnews – L’armée nigériane a annoncé avoir déjoué une attaque du groupe djihadiste Boko Haram dans l’État de Borno, dans le Nord-Est du pays. Dans d’autres localités, elle annonce la libération de 21 personnes enlevées dans les États de Kwara et de Kogi. Ces actions ont été menées lors de deux opérations distinctes menées le 17 octobre 2025.

Les forces armées nigérianes ont repoussé une « attaque planifiée » des combattants de Boko Haram, indique un communiqué de l’armée daté du 20 octobre 2025 et consulté par Ouestaf News.

L’opération a été menée par la Force opérationnelle interarmées, ajoute la même source. Elle s’est déroulée autour de la localité de Kashimri, dans la zone administrative de Bama (État de Borno) au nord-est du pays.

Selon l’armée, les militaires ont réussi à localiser et détruire plusieurs camps utilisés par les assaillants, empêchant ainsi une offensive « visant des civils et les activités socio-économiques de la région ». Des échanges de tirs ont opposé les soldats aux assaillants, informe l’armée, selon qui, plusieurs d’entre les insurgés ont été neutralisés tandis que d’autres, blessés, ont pris la fuite.

L’armée régulière nigériane reconnait tout de même avoir perdu le lieutenant-colonel Aliyu Saidu Paiko, commandant du 202ᵉ bataillon blindé, ainsi qu’à plusieurs soldats « tombés au combat ».

Le chef d’état-major de l’armée, le lieutenant-général Olufemi Oluyede, a salué leur sacrifice, affirmant que « ces braves héros se sont battus pour la paix de notre grande nation ». Il a aussi réitéré la détermination de l’armée à « éradiquer le fléau du terrorisme au Nigeria ».

Par respect pour les familles des soldats tués, le communiqué a invité les médias et le public à s’abstenir de diffuser des images des victimes « jusqu’à ce que leurs proches aient été dûment informés », afin de préserver leur dignité et leur vie privée.

Le même jour, dans le cadre d’une autre opération, des troupes de l’armée ont également libéré 21 victimes d’enlèvement dans les États de Kwara et Kogi, au centre du pays, annonce un autre communiqué daté du 17 octobre 2025 et consulté par Ouestaf News.

Parmi les personnes secourues, il y a 14 hommes, cinq femmes, un nourrisson et quatre ressortissants chinois, informe l’armée. Elles ont été retrouvées dans un état de « grande fatigue après plusieurs mois de captivité ». L’opération a été le « fruit de semaines de patrouilles et de renseignements ciblés », indique les forces de sécurité.

Le général-major Nnebeife, commandant de la 2ᵉ division et du Secteur 3 et responsable de l’opération en question, a indiqué que les victimes avaient reçu les premiers soins médicaux avant leur transfert vers un hôpital militaire, rapport le communiqué. Il a aussi réaffirmé la détermination de son unité à « maintenir la pression contre les bandes criminelles » et à prévenir toute résurgence des enlèvements dans la région.

Au Nigeria, le terrorisme reste l’un des principaux défis sécuritaires. Depuis l’insurrection de Boko Haram en 2009, le pays est devenu un terrain d’action pour plusieurs groupes armés, dont l’État Islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) et Ansaru (Jama’atu Ansaril Muslimina fi Biladis Sudan), affilié à Al-Qaïda.

Le rapport du département d’État américain, Country Reports on Terrorism 2023, publié fin 2024, souligne que ces organisations continuent de cibler à la fois les civils, les forces de sécurité et les infrastructures essentielles, perpétuant un climat d’instabilité chronique dans le Nord et le Centre du pays.

Cette présence terroriste a de lourdes conséquences humaines et sociales. Selon le Global Terrorism Index 2025, le Nigeria figure encore parmi les pays les plus touchés par les violences extrémistes. Le pays se classe à la 6e position des pays les plus impactés derrière d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest comme le Burkina Faso (1er), le Mali (4e) et le Niger (5e).

Selon ce rapport, les attaques répétées ont entraîné des milliers de morts, des déplacements massifs de populations, la fermeture de centaines d’écoles et l’effondrement de services de base dans certaines zones. Elles ont causé plus de 40.000 morts et déplacé près de deux millions de personnes, selon les Nations unies.

L’impact économique se fait également sentir, avec des activités agricoles entravées et une baisse des investissements, accentuant la vulnérabilité des communautés déjà fragilisées. À la lumière de ces récentes opérations, la situation reste fragile malgré les efforts de l’armée nigériane.

HD/fd


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