VPN : bel outil anti-censure, mais attention aux risques !

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Le calme est revenu à Dakar après les violentes manifestations des 1er et 2 juin 2023, mais les restrictions de l’accès à l’Internet et aux réseaux sociaux ne sont pas en complètement levées.

Ouestafnews VPN, pour Virtual Private Network (Réseau virtuel privé, en français). Il a fallu une décision gouvernementale pour que nombre de Sénégalais, même les plus profanes dans le domaine de l’informatique et des technologies de l’information et de la communication, les découvrent et s’en emparent, sans modération.

En réponse aux violentes émeutes qu’a connues le Sénégal entre le 1er et le 3 juin 2023, les autorités ont pris une panoplie de mesures pour stopper la spirale de la violence. Parmi celles-ci, la restriction de l’accès à l’Internet et aux réseaux sociaux plus particulièrement.

Afin de contourner cette censure, les internautes sénégalais se sont donc rués en masse vers ces « réseaux virtuels privés », dont une bonne palette est disponible en téléchargement libre. Qu’est-ce que réellement un VPN ? Quels sont ses avantages et ses dangers potentiels ? Ouestaf News fait le point.

Qu’est-ce qu’un VPN

« Un VPN est un simple logiciel, créé pour protéger votre confidentialité en ligne et empêcher les hackers de vous nuire en anonymisant votre trafic et votre localisation. Mais vous pouvez aussi vous en servir pour plein d’autres choses, comme pour naviguer de manière rapide et sécurisée, et bien plus encore », explique le site Vpnmentors.com. L’anonymat et la protection dont bénéficie l’usager sont dus au fait que le VPN agit comme un intermédiaire entre l’ordinateur de l’utilisateur et le réseau Internet.

Outil anti-censure

Dans le contexte de la restriction, les internautes sénégalais ont recours à ce logiciel pour contourner le blocage des réseaux et médias sociaux, considérés par le gouvernement sénégalais comme les principaux canaux dont usent les manifestants pour relayer des « messages haineux et subversifs ».

« Les métriques confirment la restriction de Facebook, Twitter, WhatsApp, Instagram, YouTube, Telegram et d’autres plateformes de médias sociaux au Sénégal le 1er juin 2023 », indique une note publiée par NetBlocks, une entreprise basée à Londres et spécialisé dans le monitoring de l’Internet.

Cette ruée vers les VPN n’est pas une première au Sénégal. Lors des émeutes de mars 2021, le gouvernement avait aussi eu recours à la même mesure. Pour 2023, NetBlocks souligne que le Sénégal est le troisième pays à avoir eu recours à la censure de l’Internet après la Guinée et la Mauritanie.

D’après le site Vpnmonami.com, environ 1,6 milliards d’internautes ont recours à un réseau privé virtuel, dont les 70% optent souvent pour un service gratuit. Selon la même source, ces utilisateurs sont en majorité localisée dans trois pays asiatiques la Chine, l’Inde et l’Indonésie.

Les risques de la gratuité

Au Sénégal aussi la ruée fut vers le mode gratuit. Ce qui n’est pas sans risques pour les usagers selon les experts.  Les VPN qui offrent les services gratuitement « sont basés sur un modèle qui les oblige à gagner de l’argent sans réellement se soucier de l’utilisateur. Sans cela, ils ne peuvent survivre et être rentables. Comment font-ils ? En vendant des données récupérées au fil des utilisations », peut-on lire dans une analyse publiée par Clubic.com, (site spécialisée, entre autres, dans les questions de sécurité des outils numériques).

Au-delà des données personnelles subtilisées via des virus, l’internaute est aussi assailli de publicité qui parfois rend l’usage très pénible.

Enfin, il y a le risque d’accueillir sur son appareil des « traqueurs » sans l’avoir demandé ni même sans le savoir. Ces derniers suivent alors l’internaute à la trace et collectent des données personnelles allant des mots de passe aux codes de cartes bancaires.

Les experts les plus pointus conseillent également d’éviter, en utilisant les PVN, les serveurs situés dans les « Five Eyes Countries », qu’on pourrait traduire en français par les cinq pays aux « grandes oreilles ». Il s’agit de pays engagés dans une collaboration pour une surveillance à grande échelle de l’Internet de manière quasi permanente : Australie, Canada, Grande Bretagne, Nouvelle Zélande et USA.

Selon le site spécialisé techtarget.com, cette alliance internationale « est un réseau de renseignement collaboratif qui surveille les communications électroniques des citoyens et des gouvernements étrangers ». Son existence avait été révélée en 2013 par le lanceur d’alerte américain, aujourd’hui réfugié en Russie,  Edward Snowden. Dans les documents officiels, elle a pour nom de code « FVEY » pour « Five Eyes Alliance ».

MN/ts

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