Ouestafnews – Lors d’une interview donnée à la télévision d’État, le vendredi 13 février 2026, le président nigérien, Abdourahmane Tiani a réaffirmé ses accusations contre les présidents, Emmanuel Macron de la France, Patrice Talon du Bénin et Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire. Malgré la dénégation de Cotonou et d’Abidjan, le général d’armée, Tiani, continue de les tenir pour responsables de l’attaque terroriste ayant visé l’aéroport international Diori Hamani dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 janvier 2026.
« Je maintiens et je persiste », a déclaré le président Tiani lors de son interview à la télévision d’Etat. Face à Abdoulaye Tiémogo, journaliste à la télévision publique et conseiller en communication du président, le général d’armée, Abdourhamane Tiani, a réitéré ses accusations contre ses homologues de la France, du Bénin et de la Côte d’Ivoire.
Il qualifie ces présidents de « sponsors » des mercenaires qui ont perpétré l’attaque contre l’aéroport international Diori Hamani dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 janvier 2026.
L’aéroport est situé à une dizaine de kilomètres du palais de la présidence et se trouve dans une zone sensible qui abrite la base 101 de l’armée de l’air du Niger, l’état-major de la Force unifiée de la Confédération des États du Sahel (FU-AES). Ce périmètre contient aussi une cargaison d’uranium, objet du litige entre l’État nigérien et la société française Orano.
Sur les lieux de l’attentat, le jeudi 29 janvier, le général d’armée, Abdourhamane Tiani, avait désigné trois chefs d’État comme des personnes ayant apporté leurs soutiens aux terroristes. « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara, que nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent, eux aussi, à leur tour, à nous écouter rugir », avait-il averti.
Malgré le démenti du président béninois Patrice Talon et de son homologue ivoirien Alassane Ouattara, le général d’armée Abdourhamane Tiani a maintenu ses accusations contre ces derniers lors de son interview du vendredi 13 février. Il a même révélé que l’attaque dont ils sont les « sponsors » a coûté 300 millions dont 200 millions de FCFA ont été engloutis dans les préparatifs notamment dans la logistique.
Selon le Chef de l’État nigérien, l’argent a été utilisé pour acquérir une quarantaine de motos et un véhicule au profit des mercenaires qui ont mené l’action. Les 100 millions restants, a-t-il mentionné, ont été « versés cash » à l’État islamique au Sahel pour l’amener à revendiquer l’acte terroriste.
« Nous sommes en état de guerre, une guerre néocoloniale »
Toujours selon ses critiques contre la France, il a expliqué que l’attaque de l’aéroport international Diori Hamani est inscrite dans un « agenda de déstabilisation maladive » d’Emmanuel Macron. Il l’accuse aussi d’avoir pris « l’engagement, avant son départ, de faire tout ce qui est en son pouvoir pour renverser le régime nigérien qui a osé choisir la voie de l’indépendance, de la souveraineté, de la bonne gouvernance et de l’autosuffisance ».
Pour le président du Niger : « il ne fallait pas que nous réussissions, et c’est le combat que nous livrent Emmanuel Macron et ses sbires, malheureusement avec le soutien de certains chefs d’État de notre sous-région et d’ailleurs ».
Abdourhamane Tiani est convaincu que l’ancienne puissance coloniale a gardé en permanence des contacts avec les mouvements terroristes qui opèrent au Niger et dans l’espace AES. « Elle a même créé le mouvement Lakurawa qu’elle a doté de mines anti personnelle alors que la France est signataire de cette interdiction », a condamné le président nigérien.
Lakurawa qui signifie en langue haoussa « recrue » est un groupe terroriste, encore peu connu, qui sévit de plus en plus dans les zones reculées du nord-ouest du Nigeria et du Niger. Dans la nuit du 24 au 25 décembre 2025, ce groupe islamiste a été la cible de frappes américaines en raison de ses représailles contre les chrétiens dans le nord du Nigeria.
« Nous sommes en état de guerre, une guerre néocoloniale », a averti le président Tiani. Une déclaration qui renchérit celle faite, le mercredi 12 février, par son état-major particulier, le général Amadou Ibro, lors d’un meeting des jeunes à Niamey. Celui-ci, a, en effet, affirmé que « la France allait faire la guerre au Niger » et a appelé la population à se préparer.
Paris a aussitôt démenti l’information. Le porte-parole de l’état-major français des Armées, le colonel Guillaume Vernet a rejeté toute intention d’intervention. Il a expliqué qu’il s’agissait « manifestement de guerre informationnelle » de la part de Niamey
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