Ouestafnews – Le tribunal de grande instance de Koupéla a rendu, le mardi 24 février 2026, son jugement dans l’affaire impliquant des magistrats, des douaniers et un avocat pour des faits présumés de corruption. Chaque prévenu en a pris à son grade.
A l’issue de plusieurs jours de délibéré, le tribunal de Koupéla au Burkina a déclaré le magistrat Medah Aniatisa Urbain coupable de fait de corruption et lui a infligé une peine de quinze mois de prison dont deux fermes et une amende de cinq millions de francs CFA dont trois fermes.
Également prévu, dans le même dossier de la corruption des magistrats, Kaboré Sandaogo Antoine, a écopé lui aussi de la même peine de prison et pécuniaire pour complicité de corruption d’agent public.
Medah Aniatisa Urbain est connu comme un magistrat rigoureux ayant une carrière riche en expériences qui l’a conduit à des postes de responsabilité notamment à la Cour d’Appel de Ouagadougou. Il a été le président de la chambre de jugement du tribunal militaire qui a examiné le dossier de l’assassinat de Thomas Sankara et de douze de ses compagnons. Dans ce rôle, il était le responsable de la gestion des débats, de l’équilibre des audiences et de l’application des règles de procédure.
Quant aux magistrats Mohamed Traoré et Alba Balanoë Some, ils ont hérité les peines les plus lourdes. Le premier, déclaré coupable de complicité de corruption d’agents publics, a pris vingt-quatre mois de prison dont douze fermes et quatre millions de francs CFA d’amende dont deux fermes. Le second, Alban Balanoë Some, a, pour sa part, écopé d’une condamnation de trente-six mois de prison dont dix-huit mois fermes et cinq millions de francs CFA d’amende dont trois fermes. Il a été reconnu coupable de corruption d’agent public sur un montant de deux millions cinq cent mille francs CFA et de révélation illégale de l’identité d’un témoin protégé.
Parmi les magistrats, un seul a été complètement blanchi au bénéfice du doute. Jean Jacques Wend-Panga Ouédraogo a été déclaré non coupable des faits de corruption d’agents publics, soustraction de pièces de procédure et blanchiment de capitaux.
Par ailleurs, les juges ont considéré que l’infraction d’acceptation de cadeaux indus n’est pas constituée. Le tribunal de Koupéla a donc acquitté les magistrats Médah Aniatisa Urbain, Kaboré Sandaogo Antoine, Traoré Mohamed et Some Alban Balanoë de ce chef d’accusation.
Les douaniers aussi
Pour ce qui concerne les agents de la douane, le tribunal a condamné Oumarou Yameogo à quinze mois de prison dont deux fermes et trois millions de francs CFA d’amende dont deux fermes pour corruption d’agent public sur un montant d’un million cinq cent mille francs CFA. Son coaccusé, Jonas Wendsongda Yaméogo, a, lui aussi, écopé de la même peine, pour la même infraction.
Le juge a eu la main plus lourde contre leur collègue douanier, Nikièma Zindi Désiré. Celui-ci a été déclaré coupable des faits de corruption et de révélation de l’identité de témoin protégé, et a pris une peine d’emprisonnement de trente-six mois dont dix-huit fermes et une amende de cinq millions de francs CFA dont trois fermes.
Quant à l’agent Seydou Traoré, il a été relaxé pour corruption d’agents publics et blanchiment de capitaux au bénéfice du doute.
Seul avocat impliqué dans cette affaire de corruption, Me Arno Sampèbre a été relaxé pour le chef d’accusation de complicité de révélation illégale de l’identité d’un témoin protégé et violation du secret professionnel. Certains avocats non satisfaits du verdict ont annoncé interjeter appel.
Ce procès s’inscrit dans un contexte de lutte contre la corruption dans l’administration publique et fait suite au démantèlement d’un réseau par le Korag impliquant des magistrats de la Cour d’Appel de Ouagadougou, des douaniers et un avocat.
Le Korag est le Comité d’Orientation pour le Renouveau et la Gouvernance. Il est chargé de l’orientation pour le contrôle des actions et des politiques de la Transition.
RA/fd
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