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Côte d’Ivoire : trois ans de prison avec sursis requis contre Calice Yapo

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Le ministère public a requis, le vendredi 27 février 2026, trois ans d’emprisonnement avec sursis et 500.000 francs CFA d’amende contre Calice Yapo, secrétaire exécutif du Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA). Il a été jugé devant le tribunal de première instance d’Abidjan, notamment pour « troubles à l’ordre public ». En fait, Calice Yapo avait critiqué l’invalidation par le conseil constitutionnel,  de la victoire de son camarade de parti, Hervé Alliali  lors des législatives de 2025.

Par sa décision rendue le 9 janvier 2026, le Conseil constitutionnel avait annulé la réélection d’Hervé Alliali dans la circonscription électorale de Toumodi, dans le centre du pays. Lors de la déclaration des résultats provisoires, le député sortant, candidat du PDCI-RDA, avait gagné les législatives du 27 décembre avec 15 voix de différence face Raymonde Goudou, candidate du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), parti présidentiel.

Dès le lendemain de cette décision du Conseil constitutionnel, Calice Yapo s’est rendu à Toumodi, localité réputée favorable au PDCI, pour apporter son soutien à Hervé Alliali, fils de Camille Alliali, compagnon de route de Félix Houphouët-Boigny, premier président de la République de Côte d’Ivoire.

Au cours d’une réunion politique rassemblant plusieurs dizaines de militants, le secrétaire exécutif a déclaré « qu’on ne peut pas dire que le fils d’Alliali a triché dans le village d’Alliali. On ne peut pas l’accepter », avant d’ajouter : « ces gens-là, ils disent que Houphouët-Boigny a volé ».

Ces propos, largement relayés sur les réseaux sociaux, ont constitué l’essentiel des débats à l’audience, qui a duré environ une demi-heure. Pour le parquet, ces déclarations reviennent à discréditer la décision du Conseil constitutionnel et à troubler l’ordre public.

À la barre, Calice Yapo a contesté toute attaque contre l’institution. Selon lui, son intervention visait uniquement à remobiliser les militants en vue de l’élection partielle organisée le 21 février 2026.

Un scrutin finalement remporté par le candidat du PDCI-RDA, avec près de 1600 voix d’avance, selon les résultats provisoires publiés par la Commission électorale indépendante.

Le tribunal de première instance d’Abidjan a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue dans un mois.

FGB/fd


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