Le Bénin, longtemps réputé pour sa stabilité démocratique, vient de connaître une tentative de coup d’État militaire. Au petit matin du 7 décembre 2025, un groupe de soldats se présentant comme un Comité militaire de la refondation (CMR) a pris d’assaut la télévision nationale et déclaré avoir pris le pouvoir. Quelques heures après, sur les mêmes antennes, Alassane Séïdou, le ministre de l’Intérieur a déclaré l’échec du coup de force.
Dans la foulée, l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont « fermement condamné » la tentative de putsch et appelé au respect de l’ordre constitutionnel. Le bloc ouest-africain a même menacé de faire intervenir les brigades militaires de sa Force en attente.
Cet acte visant à changer de régime, isolé en apparence, survient dans un contexte politique déjà tendu avec l’exclusion en octobre du parti Les Démocrates de deux scrutins majeurs prévus en 2026 : les élections présidentielle et locales en avril.
Principal parti d’opposition présidé par l’ancien chef d’État Thomas Boni Yayi, le parti Les Démocrates a vu son ticket pour la présidentielle invalidé par la Commission électorale nationale autonome (CENA) et son recours devant la Cour constitutionnelle rejeté. La CENA a aussi écarté le dossier du parti pour les élections communales d’avril 2026.
Dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux par son parti le 28 octobre, Boni Yayi était monté au créneau pour dénoncer une « politique d’exclusion systématique » de l’opposition mise en place depuis 2016 par le régime de Patrice Talon. Ce dernier « renonce progressivement à faire du Bénin un État de droit et de démocratie », a ajouté Boni Yayi.
L’autre grosse surprise politique pour les Béninois est survenue dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025 avec l’annonce d’une révision constitutionnelle majeure : l’instauration d’un Sénat et l’allongement de la durée du mandat présidentiel de 5 à 7 ans. Alors que cette révision contestée de la Constitution est perçue par de nombreux Béninois comme un renforcement substantiel du pouvoir exécutif, le régime du président Talon s’est lancé dans une tournée d’explication dans plusieurs localités du pays.
C’est dans ce climat de méfiance nourri par les accusations de verrouillage du jeu politique et de marginalisation des opposants, que des soldats ont tenté de déstabiliser le régime de Patrice Talon. Une tentative déjouée aux dernières nouvelles avec des arrestations.
Sur sa page Facebook, Serge Nonvignon, responsable média à la Présidence de la République, a annoncé l’arrestation de 13 personnes, à savoir un ancien militaire « radié des effectifs » et le reste parmi les assaillants qui avaient pris d’assaut le siège de la télévision nationale.
MFN/md
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