Sécurité en ligne : la sensibilisation doit être orientée vers les jeunes (expert)

La sensibilisation sur la sécurité en ligne devrait être orientée vers les écoles, selon Ibrahima Diaham, adjudant de police à la Division spéciale de la cyber-sécurité - photo/LaNouvelleTribune

Ouestafnews – La sensibilisation sur la sécurité en ligne devrait ainsi être orientée vers les écoles, selon Ibrahima Diaham, adjudant de police à la Division spéciale de la cyber-sécurité. Parmi les dangers de l’utilisation de l’internet et des réseaux sociaux, il cite la cyber-surveillance, la cybercriminalité, le piratage et la désinformation.

«Ces genres de rencontre, de séminaires ou d’échanges seraient beaucoup plus opportuns si elles étaient organisées dans les établissements scolaires», a dit M. Diaham.

Il s’exprimait lors d’un atelier sur la sécurité en ligne co-organisé à Dakar par Facebook, la Commission de protection des données personnelles (CDP) et l’Ecole supérieure de journalisme des métiers de l’Internet et de la Communication (EJICOM).

Le 15 mai 2018, Facebook, avec 2,2 milliards d’utilisateurs actifs, a indiqué avoir supprimé quelques 583 millions de faux comptes au premier trimestre de l’année 2018, selon un communiqué du réseau social consulté par Ouestaf News.

A ce nombre s’ajoutent des millions de faux comptes créés chaque jour et détectés par Facebook avant d’être mis en ligne, révèle le document.

Toutefois, le réseau social note qu’environ 3 à 4 % des comptes Facebook actifs sur la plateforme sont de faux comptes.

Au Sénégal, sur les 15 millions d’habitants, il est répertorié 9,6 millions d’utilisateurs d’Internet, soit un taux de pénétration de 62,6%, selon l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP).

La Division spéciale de la cyber-sécurité, selon l’adjudant Diaham, a enregistré au premier trimestre de l’année 2018, « 255 plaintes émanant d’institutions et de tiers-personnes ».

Et les principales victimes, «certes il y a des entreprises, des institutions (…) mais à 80 voire 90 % sont très souvent des jeunes qui sont dans les établissements scolaires», a-t-il précisé.

En mai 2018, la Plateforme nationale de lutte contre la cybercriminalité (PNLC) de la section de recherche de la Gendarmerie nationale a révélé l’arrestation de 13 personnes pour chantage et harcèlements sexuels sur les réseaux en 2017.

Toutefois, concernant les «faits de chantage à la webcam», plusieurs plaintes ont été reçues mais personne n’a été arrêté du fait que «les auteurs ne résident pas au Sénégal», a indiqué la plateforme.

«Dernièrement, il a été constaté une augmentation du nombre de victimes de sexe féminin. Ceci par le billet de sextorsion», a expliqué l’adjudant Ibrahima Diaham.

Le délit de «sextorsion» est, selon l’encyclopédie en ligne Wikipédia, « l’extorsion via Internet de faveurs sexuelles ou monétaires et se double le plus souvent de celui de chantage à la webcam ».

Responsabilité parentale

L’adjudant Ibrahima Diaham souligne que les parents doivent être également sensibilisés car «les cas de sextorsion ont connu « une nette augmentation».

En avril 2017, la gendarmerie nationale sénégalaise a lancé un programme pédagogique dénommé «Passeport jeune pour internet» pour la protection des enfants et leurs parents aux risques sur Internet et sur les réseaux sociaux.

Ce programme consiste à évaluer «les élèves, en ciblant des classes de CM1 et CM2, en dix questions après quatre séances données par l’enseignant, fondées sur le programme», a expliqué le commandant de la section de recherche, Issa Diack, cité par SocialNetLink.

Le président de l’Association sénégalaise des utilisateurs des TIC (ASUTIC), Ndiaga Gueye, a dit à Ouestaf News que la plupart des parents ont une utilisation « ludique » des réseaux sociaux.

Pour certaines astuces, « ils demandent parfois à leurs enfants de les aider. Ce qui est une inversion des rôles », a expliqué M. Gueye.

De son côté, la présidente d’Internet society (ISOC), Maïmouna Diop, a souligné que les parents apprennent à « leurs enfants à ne pas parler aux inconnus ». Selon lui, ils doivent également « leur apprendre à ne pas parler aux inconnus sur Internet ».

«Autant ils sont responsables de la sécurité des enfants dans la vie réelle, autant ils le sont dans la vie virtuelle», a précisé le président de l’ASUTIC.

ON/mn/ad

 

 

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