Classement RSF 2021 : le Mali progresse, le Bénin s’enfonce

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Cérémonie de lancement du Classement 2019 de Reporters sans Frontières (RSF)/photo/Ouestaf News

Ouestafnews- La liberté de la presse, l’accès à l’information et la pluralité du paysage médiatique ont connu diverses situations en Afrique, notamment en Afrique de l’Ouest, indique le classement 2021 de Reporters sans frontières (Rsf). Des progressions en matière de liberté de presse ont été notées dans certains pays de la zone, notamment la Sierra Léone, le Mali. Mais la situation reste « problématique ».

Le classement 2021 de Reporters sans frontières (Rsf) révèle la progression du Mali et de la Sierra Léone. Le Mali est passé de la 108è à la 99e place soit un bond de neuf places.

Ce « progrès s’explique par la baisse du nombre d’exactions. Par rapport aux années précédentes, elles y sont moins intenses », a expliqué à Ouestaf, le directeur Afrique de l’Ouest de RSF, Assane Diagne.

Depuis plusieurs années, le Mali est confronté à une insécurité permanente, notamment au nord et centre du pays. Entre 2015 et 2018, des journalistes y ont été tués.

La Sierra Leone a, pour sa part, enregistré un bond de dix places passant de la 85e à la 75e places. Une progression qui s’explique, selon Rsf, par l’adoption de lois en matière de protection des journalistes.

En août 2020, la loi de 1965 criminalisant la diffamation et les délits de presse, en vertu de laquelle les journalistes étaient souvent soumis à des arrestations, avait été abrogée et la loi sur la Commission indépendante des médias révisée.       

A l’image du Mali et de la Sierra Leone, la Gambie (+2 places, 85e) continue sa progression en matière de liberté de la presse. « La Gambie fait une remontée spectaculaire en gagnant 60 places entre 2016 (coïncidant avec le départ de Yahya Jammeh du pouvoir) et aujourd’hui », souligne le directeur Afrique de l’Ouest de Rsf.

Entre 1996 et 2016, la Gambie a été dirigée par un régime autocratique marqué par la répression, par des assassinats et des disparitions de journalistes. Au moins trois journalistes ont été assassinés ou ont disparu durant cette période : Omar Barrow (journaliste de Sud FM Banjul), en avril 2000, Dayda Hyadara, co-fondateur de « The Point », en 2004, et Chief Ebrima Manneh, journaliste du « Dialy Observer », disparu en 2006.

Le Cap-Vert (27e), le Ghana (30e) et le Burkina Faso (37e) figurent toujours en tête de liste des pays d’Afrique de l’Ouest en matière de liberté de la presse. Ce sont les seuls dans la zone jaune du classement c’est-à-dire « une situation plutôt bonne ».

Par ailleurs, l’Afrique de l’Ouest domine le top 10 africain avec cinq représentants. Le Cap-Vert suivi du Ghana, du Burkina Faso, du Sénégal (49e) et du Niger (59e).

Dans la sous région, seuls le Bénin, la Guinée et le Nigeria sont classés dans la zone rouge (situation difficile ou grave).

Reporters sans frontières note « d’immenses difficultés » vécues par les journalistes pendant la pandémie du Covid-19. Ainsi, 23 pays (africains) sur 48 (soit deux de plus qu’en 2020) apparaissent désormais dans la zone rouge ou noir (situation considérée comme difficile voir grave) sur la carte mondiale de la liberté de la presse.

Rsf établit chaque année son classement sur la base de sept critères : Pluralisme, Indépendance, Environnement et autocensure, Cadre légal, Transparence, Qualité des infrastructures, Exactions. Cette année 180 pays y figurent.

Selon l’Ong, la stabilité de l’indice global de référence du classement entre 2020 et 2021 a enregistré une baisse de 0,3%. « Il reste donc dégradé de 12% en comparaison de ce qu’il était à sa création en 2013 », précise Rsf.

A ce sujet, le directeur général de l’Ong, Christophe Deloire, explique que la production médiatique et la distribution « sont trop souvent bloqués par des facteurs politiques, économiques et technologiques, et parfois même culturels ». Or, poursuit-il, « face à la viralité de la désinformation par-delà les frontières, sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux, le journalisme est le principal garant pour que le débat public repose sur une diversité de faits établis ».

ON/fd

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