Ouestafnews – Qu’adviendra-t-il du Mali et surtout quelles mesures pour sortir ce pays ouest africain de l’impasse ? Au Mali comme dans le reste de la sous-région, ces questions animent les débats. L’intervention du général-président, Assimi Goïta, qui se veut rassurant, n’a pas convaincu tout le monde. Après les attaques contre Bamako et des villes de l’intérieur du pays le 25 avril 2026, la situation sécuritaire du Mali reste incertaine.
Au plus haut sommet de l’État malien, le temps est à la dédramatisation. Selon le président Goïta, « la situation est maîtrisée ». Après s’être emmuré dans un silence qui commençait à inquiéter ses concitoyens et susciter de multiples supputations, le chef de l’État malien a fini par s’adresser à ses compatriotes le 28 avril 2026, soit trois jours après les évènements.
Le 25 avril, le Mali s’était réveillé sous les attaques surprises et coordonnées de deux groupes armés dans plusieurs localités du pays dont la capitale Bamako. Les attaques ont été revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et du Front de libération de l’Azawad (FLA).
Les « opérations de ratissage, d’exploitation du renseignement et de sécurisation se poursuivent », selon le président Assimi Goïta. Mais pour Mamadou Ismaïla Konaté, ancien ministre de la Justice, le chef de l’État ne « semble pas avoir pris la mesure de l’ampleur de ce qui se passe sur le territoire malien ».
Interrogé le 28 avril 2026 sur la chaîne TV5 Monde, l’ex-garde des Sceaux estime que les offensives JNIM-FLA amènent à penser que l’épicentre de la menace terroriste s’est déplacé vers Bamako.
Hier, « c’était le nord qui était attaqué, le centre ensuite. Aujourd’hui, c’est la plus importante garnison militaire du pays, lieu [de convergence] de l’ensemble des armées du Mali, qui est attaquée », analyse l’ex-ministre Konaté qui vit en exil en France. Dans la foulée, il accuse le chef de l’État et ses compagnons militaires d’être « inefficaces » dans la gestion d’un pouvoir qu’ils exercent depuis leur coup d’État d’août 2020.
En raison des risques potentiels de contagion, que des analystes évoquent depuis des années, le sort du Mali intéresse également de nombreuses personnalités dans la sous région ouest africaine.
« Il faut arrêter d’excuser les Généraux au pouvoir au Mali », proteste André Sylver Konan, journaliste ivoirien et directeur du site d’informations Afrik Soir » revenant sur le double coup d’État qui a amené les militaires au pouvoir. S’exprimant sur sa page Facebook, il rappelle les promesses de « résorber la crise sécuritaire », qu’avaient faites les putschistes au moment où ils chassaient les civils du pouvoir en 2020.
« Aucun système sécuritaire au monde n’est infaillible », tempère le journaliste malien Abdoul Niang, invité sur la télévision privée ivoirienne NCI le 26 avril 2026. Pour expliquer la faillibilité de tous les systèmes de sécurité dans le monde, il cite pêle-mêle : l’attentat du 13 mars 2016 contre la station balnéaire du Grand Bassam en Côte d’Ivoire, celui du 13 novembre 2015 en France, l’attaque du 11 septembre 2001 aux États-Unis.
Pour lui, les Maliens restent encore « fiers de leur armée ». Celle-ci a perdu, lors des attaques, son ministre de la Défense, Sadio Camara, suscitant beaucoup d’émotion, parfois de la colère ou de l’indignation, dans le pays et au-delà des frontières maliennes.
Le Parti communiste du Bénin (PCB) met les événements meurtriers au Mali sur le dos des « impérialistes » et de leurs « supplétifs terroristes ». Dans un communiqué publié le 28 avril 2026, Philippe Noudjènoumè, son président, fustige une « agression conduite essentiellement par la France coloniale ». Le PCB accuse également « les Ukrainiens qui sont devenus de grands déstabilisateurs de l’Afrique ».
Le Mali étant soutenu par les Russes, le pays est également devenu un champ de bataille idéologique entre pro-Occidentaux et pro-Russes. Ces derniers ont renforcé leur présence dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (Burkina Faso, Mali et Niger) depuis que des militaires gouvernent ces pays.
Sur les réseaux sociaux, le journaliste Issoufou Ouédraogo de la télévision privée Canal 3 au Burkina Faso questionne la pertinence du choix de la Russie comme partenaire exclusif du Mali sur les questions sécuritaires. Il pense que la solution réside plutôt dans le dialogue et non dans une logique d’ennemis permanents.
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