19.4 C
Dakar

Une information fiable et indépendante sur les questions qui traversent l'Afrique.

Bénin : trois médecins condamnés, des étudiants en grève

À LIRE

spot_img

Ouestafnews – L’Association des étudiants en médecine de Cotonou (AEMC) a annoncé la suspension « jusqu’à nouvel ordre » de tous les stages hospitaliers. Cette décision fait suite à la condamnation, le 11 mars 2026, d’une gynécologue et de deux médecins en spécialisation pour homicide involontaire, après le décès d’une femme à la suite d’une césarienne au Centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé et du Plateau (CHUD-OP), à Porto-Novo, en décembre 2025.

Dans une note datée du 12 mars 2026 et consultée par Ouestaf News, l’AEMC explique que la suspension des stages vise à exprimer sa solidarité avec les praticiens condamnés et à attirer l’attention des autorités sur la nécessité d’établir un cadre clair définissant les responsabilités des étudiants en milieu hospitalier. Selon l’association, il n’existe aucun document officiel qui précise les attributions, les droits et obligations des étudiants en stage.

Le 13 mars, le Collectif des D.E.S (Diplômes d’études spécialisées) et étudiants en médecine générale au Bénin a rappelé dans un communiqué que cette mobilisation n’a pas pour but de perturber les soins, mais de défendre la sécurité des patients et la protection des étudiants. Selon le collectif, le mouvement met en lumière un problème structurel : l’absence d’un cadre de responsabilité clair pour les étudiants en spécialisation médicale, qui peut les exposer à des sanctions pour des événements survenus sous la supervision de praticiens seniors.

Le collectif appelle notamment à un dialogue constructif avec les autorités pour restaurer la sérénité des étudiants incarcérés en tenant compte de leur statut d’apprenants et à clarifier le statut des étudiants sur les lieux de stage.

Dans une publication sur sa page Facebook le samedi 14 mars 2026, l’Ordre national des médecins du Bénin (ONMB) a invité les praticiens à rester calmes et solidaires, en rappelant la nécessité de préserver la dignité de la profession et de continuer à défendre ses valeurs. L’Ordre assure son accompagnement des collègues concernés et se dit prêt à poursuivre le dialogue avec les autorités compétentes.

Le décanat de la Faculté des Sciences de la Santé (FSS) de Cotonou est monté au créneau le vendredi 13 mars 2026 à travers un communiqué pour exiger des étudiants grévistes la reprise sans délai des stages sous peine de se voir appliquer les textes réglementaires en vigueur.

À l’origine de cette mobilisation se trouve le décès, en décembre 2025, de Rébecca Dossou, 33 ans, à la suite d’une césarienne au CHUD-OP à Porto-Novo. Poursuivis pour homicide involontaire, une gynécologue et deux médecins en spécialisation ont été condamnés le 11 mars 2026 par le tribunal de première instance de Porto-Novo à 24 mois de prison dont 12, ferme, avec des dommages et intérêts au profit de la famille de la défunte.

L’affaire avait suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, notamment après les publications de l’époux de la patiente dénonçant une « négligence » ayant coûté la vie à sa femme, mais aussi des réactions d’acteurs institutionnels dont le gouvernement.

MFN/fd


Voulez-vous réagir à cet article ou nous signaler une erreur ? Envoyez-nous un message à info(at)ouestaf.com.

Articles connexes

spot_img

Actus