Guinée-Bissau : démantèlement d’un vaste réseau de trafic d’êtres humains

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La Police judiciaire (PJ) de Guinée-Bissau a annoncé avoir démantelé un important réseau de traite d’êtres humains et d’aide à l’immigration clandestine. Lors d’une opération de grande envergure, la PJ s’est déployée dans plusieurs quartiers de la capitale le 7 mai 2025, annonce un communiqué consulté par Ouestaf News.

Selon la police, l’opération a permis de libérer plus d’une centaine de victimes, principalement originaires de Côte d’Ivoire et du Mali. Elles étaient détenues « dans des conditions inhumaines » et vivaient « dans un état de grande précarité », précise la même source.

Les trafiquants utilisaient les réseaux sociaux pour appâter leurs victimes. D’après les enquêtes de la PJ, les personnes interpellées diffusaient des vidéos montrant de supposés migrants embarquant à bord de cargos à destination de l’Europe depuis le port de Bissau.

Les enquêteurs expliquent que les criminels promettaient un passage vers le Portugal via des « navires souterrains », un stratagème destiné à soutirer environ un million de FCFA à chaque candidat à l’émigration, indique la police.

Une fois arrivées à Bissau, les victimes étaient entassées dans des habitations pouvant héberger jusqu’à 60 personnes. Elles étaient régulièrement déplacées pour échapper aux contrôles, ce qui prolongeait leur détention et leurs souffrances.

Parmi les personnes interpellées, sept ressortissants étrangers liés au réseau criminel ont été arrêtés, précise la PJ. L’opération a également conduit à la saisie de documents et de matériels utilisés pour l’organisation de cette traite humaine.

Ce type de crime est formellement réprimé par le Code pénal de Guinée-Bissau. L’article 337 prévoit une peine de cinq à dix ans de réclusion criminelle pour les coupables. Des peines allant de six mois à cinq ans de prison, assorties d’amendes, sont également prévues pour l’exploitation de personnes vulnérables.

La Guinée-Bissau est un pays de transit sur les routes migratoires ouest-africaines. Sa situation géographique côtière et les capacités limitées de contrôle aux frontières en font un point de passage utilisé par certains réseaux impliqués dans la traite des êtres humains.


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