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Mali : plusieurs milliards détournés, selon un rapport de l’OCLEI

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Au Mali, le président sortant de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI), Dr Moumouni Guindo, a remis le 30 mai 2025 son rapport de fin de mandat au Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga. Ce rapport, couvrant ses deux mandats (2017-2025), dresse un bilan sans appel sur les détournements constatés et les mesures engagées.

Pas moins de 63 affaires de corruption sur un total de 100, pour un montant cumulé de 32 milliards de francs CFA, ont été traitées par l’OCLEI au cours de cette période, selon ce rapport.

Un communiqué de l’OCLEI du 3 juin 2025, consulté par Ouestaf News, indique que l’Office a transmis 42 dossiers à la justice impliquant près de 40 individus suite à des pratiques frauduleuses touchant même de hauts responsables. La même source ajoute que ce travail d’investigation s’est également traduit par l’identification de plus de 550 biens immobiliers soupçonnés d’avoir été acquis de manière illicite.

Au bilan de l’OCLEI figure également, le contrôle du patrimoine des agents publics qui, selon le rapport, est passé de 43 déclarations de biens recensées en 2017 à la création l’Office, à près de 2.000 déclarations traitées en huit ans. Ce suivi « rigoureux » a permis de détecter 127 variations patrimoniales suspectes, toutes ayant fait l’objet d’enquêtes « approfondies », explique le rapport.

L’OCLEI note également que son rôle ne s’est pas limité aux enquêtes. L’institution indique avoir activement participé à des réformes majeures. Elle a contribué à l’inscription de la lutte contre l’enrichissement illicite dans la Constitution du 22 juillet 2023.

Il en est de même pour sa participation à l’élaboration de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption, ainsi qu’à la création de l’Agence de Recouvrement et de Gestion des Avoirs saisis ou confisqués, selon la même source. Autant d’initiatives qui visent à renforcer durablement l’arsenal juridique et institutionnel du pays en matière de transparence, explique le document.

Sur le terrain, l’OCLEI a également multiplié les actions de sensibilisation. Plus de 75 campagnes ont été menées à travers le pays, atteignant plus de 11.000 personnes et générant 852 productions médiatiques. L’idée était claire pour l’institution : faire de la lutte contre la corruption un sujet central du débat citoyen.

Sur le plan international, sous la direction de Dr Guindo, l’OCLEI a tissé un réseau de coopération. Elle a signé 15 accords, dont 10 avec des institutions africaines et européennes, ainsi qu’avec des partenaires comme la Banque africaine de développement ou la Banque ouest africaine de développement, informe le document. D’après le communiqué, ces engagements ont permis de mobiliser près de 16 milliards de francs CFA pour soutenir des projets de bonne gouvernance.

En huit ans, l’OCLEI est devenu un acteur « incontournable » de la gouvernance au Mali, se félicite l’institution. Sa mission de moralisation de la vie publique, loin d’être achevée, s’impose désormais comme un pilier central du contrat social entre l’État et les citoyens, reconnait le Premier ministre qui a assuré du « soutien continu des autorités pour consolider les acquis ».

HD/fd


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