Ouestafnews – Au Burkina Faso, désormais une même personne ne peut être attributaire de plus d’une parcelle par région lors d’un lotissement. Le gouvernement a introduit cette disposition limitative, dans un décret adopté en conseil des ministres, le jeudi 5 mars 2026.
Ce décret portant sur le mode de gestion du foncier national et consulté par Ouestaf News, s’inscrit dans la continuité de la réorganisation agraire et foncière votée en 2025. Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, l’Assemblée législative de transition (ALT) a voté, le 21 octobre 2025, une nouvelle loi sur le foncier qui est « partie du principe » selon lequel, l’État est l’unique propriétaire du domaine foncier national et que toutes les terres lui appartiennent juridiquement.
Dans ce sens, il « était important que nous puissions prévoir la modalité de transfert des terres aux collectivités territoriales », a déclaré le ministre.
Le ministre Nacanabo considère cette disposition limitative comme un palliatif face aux situations de crise, notamment aux inégalités d’accès à la terre et à l’augmentation des tensions sociales.
Sous l’ancienne législation (2012), un audit du foncier au Burkina Faso a révélé plus de 105.000 parcelles attribuées de façon illégale, un accaparement de grandes superficies par des promoteurs immobiliers, de multiples attributions d’une même parcelle à différents bénéficiaires et une spéculation foncière sans précédent. Une situation qui limite l’accès de l’État à la terre pour la réalisation des projets agropastoraux.
Avec ce décret, le gouvernement dit s’appuyer sur les nouvelles réformes agraires d’octobre 2025 pour faire du foncier un levier de développement du Burkina Faso.
Le Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, mène présentement une politique à travers « l’initiative présidentielle agro-pastorale et halieutique » pour développer l’agriculture, l’élevage et la pêche afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Cette politique se décline en plusieurs programmes basés sur la disponibilité du foncier.
Dans un contexte sécuritaire où plusieurs zones agricoles restent difficiles d’accès et où la réinstallation des personnes déplacées internes mobilise des terres, les nouvelles réformes agraires d’octobre 2025 permettent à l’État l’expropriation des terres pour cause d’utilité publique.
Le nouveau découpage administratif adopté en juillet 2025 qui fait passer le Burkina Faso de treize à dix-sept régions est en conformité avec les réformes agraires et foncières. Pour le gouvernement burkinabè, c’est un outil de stratégie sécuritaire qui permet à l’État de réorganiser l’occupation du territoire dans les zones reconquises et de préparer des politiques agricoles plus centralisées.
Il permet également, selon les autorités, de rapprocher l’administration des zones fragiles, de faciliter la coordination entre autorités civiles et militaires pour un meilleur maillage territorial dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
Le décret adopté en conseil des ministres, le jeudi 5 mars 2026, vise, selon le ministre de l’Économie, à moderniser le foncier
Hormis la mesure limitative, le texte prévoit aussi la numérisation du cadastre avec la possibilité de délivrer des extraits cadastraux en ligne. Cette innovation est considérée par le gouvernement comme une avancée majeure qui devrait simplifier les procédures administratives, réduire les délais et améliorer la transparence dans la gestion foncière.
Autres innovations : l’extension de la durée de la mise en valeur des terres qui passe de 5 à 8 ans et le recours au constat de mise en valeur par satellite, une mesure qui devrait « renforcer le contrôle et limiter les occupations irrégulières », a affirmé le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo.
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