Quatre députés issus des rangs du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) ont annoncé la suspension de leur participation aux travaux du groupe parlementaire de leur formation politique à l’Assemblée nationale. Deux éléments ont été invoqués pour justifier cette posture : « la gestion du groupe parlementaire » dirigé par Me Chrysostome Blessy et des « raisons personnelles ».
Les quatre frondeurs sont N’Gouan Jérémie Alfred, député de la commune d’Aboisso (région du Sud Comoé), Adja Alain François, de la commune de Port-Bouët (District autonome d’Abidjan), Éliane N’Zi, de Bocanda commune et sous-préfecture (région du N’zi) et Kouamé Koffi Athanase, également député de la commune de Bocanda.
Dans la lettre adressée aux responsables du PDCI-RDA et rendue publique le 11 mars 2026, les quatre élus fustigent le « défaut de concertation » et le « déficit de communication »en vogue au sein du plus vieux parti politique de Côte d’Ivoire. Ils dénoncent également « l’exclusion des anciens députés des postes du bureau de l’Assemblée »
Selon Kouamé Koffi Athanase, cette fronde n’a d’autre but que d’alerter l’opinion publique sur « un dysfonctionnement qui porte préjudice à la cohésion du groupe ».
Pour sa part, Eliane N’Zi N’da a déploré des « graves dysfonctionnements dans l’organisation et la stratégie » du parti, dans « un contexte », précise-t-elle, « marqué par les résultats jugés décevants des dernières législatives ».
Le PDCI-RDA a vu le nombre de ses députés passer de 66 à 32 lors des scrutins parlementaires de décembre 2025, mais il reste la première force d’opposition à l’Assemblée nationale ivoirienne.
Interrogé par le quotidien d’informations générales Le Nouveau Réveil proche du PDCI-RDA, Me Chrysostome Blessy a relativisé la portée de ces départs, affirmant ne pas « avoir encore pris de décisions majeures concernant la gestion du groupe parlementaire ».
Il y a quelques semaines, trois députés-maires issus du même parti, Jacques Ehouo (commune du Plateau), Jean‑Marc Yacé (Cocody) et Sylvestre Emmou (Port-Bouët) avaient opposé une fin de non-recevoir à leur intégration au groupe parlementaire du parti, évoquant au passage « leur désaccord avec certaines décisions internes ».
Ces nouvelles dissensions interviennent alors que le PDCI-RDA envisage la tenue, à une date non encore arrêtée, d’un bureau politique exceptionnel destiné à réviser certains textes du parti et à engager une réflexion interne sur son fonctionnement.
FGB/md
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