Ouestafnews – Le Conseil national de la transition (CNT) franchit une nouvelle étape dans le processus de retour à l’ordre constitutionnel. Selon un communiqué de la structure publié le 24 juin 2025 et consulté par Ouestaf News, le projet final d’une nouvelle constitution sera bientôt remis au président de la transition, Mamadi Doumbouya.
La remise du projet de nouvelle Constitution au président de la transition en Guinée, le général Mamadi Doumbouya, est prévue pour le 28 juin à l’esplanade du Palais du Peuple, annonce le communiqué du CNT. Pour préparer cette cérémonie, le CNT a tenu « une réunion stratégique », le 23 juin 2025 au siège du Conseil, souligne la même source.
Selon plusieurs médias locaux, ce projet de Constitution, adopté à l’unanimité par les 80 conseillers nationaux le 9 avril 2025, est le fruit d’un long processus participatif. Il a été enrichi par les amendements d’un comité d’experts, à l’issue de plusieurs mois de consultations et de débats.
Le processus d’élaboration de la nouvelle Constitution, lancé en juillet 2024, est présenté par les autorités de transition comme le socle d’un nouvel ordre institutionnel pour la Guinée.
La remise du texte constitutionnel au chef de l’État s’inscrit dans un calendrier désormais balisé. Par décret présidentiel en date du 1er avril 2025, un référendum constitutionnel est fixé au 21 septembre 2025 pour permettre au peuple de se prononcer sur ce nouveau texte.
Cette échéance marque une nouvelle étape du chronogramme de la transition, initialement prévu pour s’achever en décembre 2024, selon les engagements pris devant la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) par les autorités de transition.
Le président Mamadi Doumbouya avait promis dans son discours de fin d’année 2024 que 2025 serait une « année électorale cruciale ». Mais ce calendrier, annoncé tardivement selon certains, suscite déjà des critiques dans les rangs de l’opposition.
Depuis le mois d’avril 2025, les autorités de transition ont lancé une vaste opération de recensement électoral biométrique visant à établir un fichier électoral fiable. Le Programme national de recensement administratif à vocation d’état civil (PN-Ravec), amorcé en novembre 2024, sert de socle technique à cette opération. Ce recensement concerne aussi bien les citoyens résidant en Guinée que ceux établis dans 36 ambassades à l’étranger.
Malgré ces efforts, la dynamique du processus reste fragile et plusieurs voix s’élèvent pour en dénoncer les limites. L’opposant Lansana Aya Millimouno, cité par Apanews, a qualifié le calendrier électoral de « précipité » et a dénoncé une gouvernance « autoritaire ». Il a aussi dénoncé un processus dépourvu de véritable dialogue politique.
En plus du changement de calendrier de la transition, il y a eu la défiance sur l’élaboration d’un nouveau fichier électoral à travers le PN-Ravec. Les opérations de recensement biométrique censées établir ce fichier peinent à mobiliser la population. Initialement prévues pour s’achever le 31 mai, elles ont dû être prolongées jusqu’au 20 juin en raison de nombreux retards et d’une faible participation.
Outre les problèmes logistiques et l’insuffisance de la sensibilisation sur le terrain, une partie significative des citoyens rejettent une opération qu’ils perçoivent comme un outil destiné à légitimer la prolongation du pouvoir du président de la transition, Mamadi Doumbouya.
Pour tenter de restaurer la confiance entre les populations et les autorisations, le CNT veut profiter de la cérémonie de remise du projet de loi constitutionnelle en lui donnant un caractère inclusif par la mobilisation des femmes, des jeunes et de la société civile.
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