Cedeao – AES : le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye pour rapprocher les positions

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Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. (Photo : capture d'écran)

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a été désigné par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) comme médiateur auprès des pays de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) pour les convaincre de revenir dans l’organisation sous-régionale.

« Il n’est pas question de rester les bras croisés » face à l’annonce de la sortie de ces trois pays de la Cedeao, a indiqué le président Faye dans un discours diffusé à la télévision nationale sénégalaise le 7 juillet 2024.  

Il a promis de travailler à « rapprocher les positions » entre les pays de la Cedeao et ceux de l’Alliance des États du Sahel (AES), et à les  « réconcilier » afin de trouver « une plage de dialogue ».

Entré en fonction en avril 2024, le président Bassirou Diomaye Faye avait effectué fin mai 2024 une tournée dans le Sahel l’ayant conduit à Bamako, au Mali, et à Ouagadougou, au Burkina Faso, pour tenter de renouer les liens avec ces États qui ont claqué la porte de la Cedeao. Les trois pays avaient annoncé leur retrait de la Cedeao en septembre 2023, annonce réitérée lors du premier sommet de leur Alliance le 6 juillet 2024 à Niamey, au Niger.

C’est dans cette logique que le président en exercice de l’organisation sous-régionale, Bola Tinubu du Nigeria, a désigné le 7 juillet 2024 son homologue sénégalais à se rapprocher des chefs d’État de l’AES pour essayer de les faire revenir au sein du bloc sous-régional.

Concernant les sanctions de la Cedeao, le président Bassirou Diomaye Faye a exhorté l’organisation à revoir ses sanctions, qu’il juge « extrêmes ». Il a estimé que le moment est venu « de réfléchir davantage » sur les sanctions de l’instance régionale au regard de leurs impacts économiques et sociaux.

Ces sanctions, selon le président sénégalais, renforcent « malheureusement l’idée d’une institution qui punit ses populations au lieu d’être à leur service et à leur secours ».

Pour concrétiser cette refondation, Bassirou Diomaye Faye a proposé la révision du Protocole sur la Démocratie et la Bonne gouvernance de l’organisation, le renforcement de l’indépendance et de « l’impartialité » de la Cour de justice communautaire. Il a également recommandé la mise en place de cadres favorisant le dialogue et la concertation pour la prévention des conflits.

Le Protocole sur la Démocratie et la Bonne gouvernance est un accord adopté en 2001 par les dirigeants de la Cedeao pour compléter un accord antérieur (datant de 1999) relatif à la prévention, à la gestion et au règlement des conflits dans l’organisation. Ce texte stipule notamment que « toute accession au pouvoir doit se faire à travers des élections libres, honnêtes et transparentes » et il interdit « tout changement anticonstitutionnel (…), de même que tout mode non démocratique d’accession ou de maintien au pouvoir ». Quant à la Cour de justice de la Cedeao, elle a pour mission d’interpréter et faire appliquer les textes de l’organisation, mais aussi « d’assurer la protection des droits de humains de manière efficace, rapide et économique », selon son site.

Les membres de l’AES sont des voisins dirigés par des militaires arrivés au pouvoir par des coups d’État : le colonel Assimi Goïta au Mali (en août 2020 puis mai 2021), le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso (en septembre 2022) et le général Abdourahamane Tiani au Niger (en juillet 2023). La relation entre la Cedeao et ces trois pays s’est détériorée à la suite du putsch conduit par le général Tiani. 

DD-IB/fd

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