Cedeao : ce que risquent le Mali, le Niger et le Burkina en cas de retrait

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Le Burkina, le Mali et le Niger ont réitéré à Niamey leur retrait « irrévocable » de la Cedeao. Du côté d’Abuja, l’organisation sous régionale avertit avec insistance des conséquences que leur retrait pourrait avoir pour leurs citoyens. (Photomontage-Ouestaf News)

Ouestafnews – Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont réitéré avec fermeté leur départ « irrévocable » de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). C’était lors du premier sommet de l’Alliance des États du Sahel (AES) tenu à Niamey le 6 juillet 2024. L’AES est la nouvelle entité créée en septembre 2023 par les trois pays. Si leur retrait de la Cedeao venait à être effectif, cela pourrait avoir de sérieuses conséquences pour les citoyens de ces États.

Réunis en sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernements à Abuja, le 7 juillet 2024, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a immédiatement réagi en insistant sur les éventuelles conséquences que le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger pourrait avoir pour les citoyens des trois États membres de l’AES.  

En dépit des annonces répétées des membres de l’AES, le retrait ne peut être définitif qu’un an après sa notification aux instances habilitées de la Cedeao, avait tenu à rappeler Omar Alieu Touray, président de la Commission de l’organisation sous régionale.

Si toutefois ce retrait venait à être effectif (au plus tôt en janvier 2025), les citoyens maliens, burkinabè et nigériens auront l’« obligation de mener des démarches en vue de l’obtention d’un visa avant de voyager dans la sous-région », a averti Omar Alieu Touray, dans une déclaration publique. Celle-ci a été diffusée sur le compte Facebook de l’organisation sous régionale suivi par Ouestaf News. 

En vertu des accords au sein de la Cedeao, les ressortissants des 15 membres de l’organisation peuvent circuler librement dans cet espace sous-régional sans visa.

Selon la Cedeao, le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso pourrait aussi entraîner des conséquences sur les plans institutionnel, économique et politique. Le président de la Commission, Omar Alieu Touray, indique que l’utilisation du passeport, de la carte nationale d’identification biométrique et l’assurance automobile, la carte brune, de la Cedeao, ne seront plus en vigueur chez les États membres sortants.

Par ailleurs, les citoyens maliens, burkinabè et nigériens « pourraient ne plus être en mesure de résider ou de créer librement des entreprises, dans le cadre de facilités mises en place par la Cedeao », a précisé M.Touray.  

Les États de l’AES bénéficient de plusieurs projets en cours de réalisation dans le cadre des actions de la Cedeao. Ce sont toutes ces opportunités, estimées « à plus de 500 millions de dollars américains », selon M. Turay, qui pourraient être perdues par les membres de l’AES.

La Cedeao a été créée en 1975 dans le but de faciliter l’intégration économique de ses membres, en utilisant comme levier la « libre circulation des personnes et des biens » dans l’espace sous régional.

Outre l’impact sur la circulation des personnes et des biens, un éventuel retrait des membres de l’AES pourrait faire perdre leur emploi à quelque 130 citoyens nigériens, maliens et burkinabè au sein de la Cedeao. Quatre structures au Burkina, deux au Mali et un bureau régional au Niger pourraient également être fermés.  

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ont connu des coups d’État militaires respectivement en septembre 2022, mai 2021 et juillet 2023. Ces coups d’États avaient entrainé des sanctions économiques de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Elles ont, par la suite, été levées en janvier et février 2024, après l’annonce du « retrait » des trois pays de la Cedeao. 

C’est en réponse aux sanctions de la Cedeao que les trois pays avaient paraphé, en septembre 2023, la charte du Liptako Gourma instituant l’AES pour une « assistance mutuelle » dans la lutte contre le terrorisme. Ils ont convenu lors de leur premier sommet à Niamey tenu le 6 juillet 2024, d’élargir le champ d’action de leur confédération aux domaines de l’économie, de la diplomatie et du développement social. 

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont tous les trois confrontés depuis plusieurs années à une crise sécuritaire marquée par des attaques terroristes. Sur ce sujet, le président de la Commission de la Cedeao note que leur retrait portera un « coup dur » à la coopération en matière de sécurité, notamment dans la lutte contre le terrorisme dans la sous-région ».  

Omar Alieu Touray souligne que des ministres de la Défense des États de la Cedeao ont convenu de la mise en œuvre d’une « force régionale en attente » de l’organisation. Avant le sommet des chefs de l’État, le conseil des ministres a proposé le déploiement d’une « force d’attente » de 5.000 hommes pour lutter contre l’aggravation des crises sécuritaires et le rétablissement de l’ordre constitutionnel dans la région.

En attendant que le retrait des trois pays membres de l’AES soit définitif, les quinze pays de la Cedeao sont : Le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée Bissau, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.

Le retrait des membres de l’AES, s’il venait à être acté, ne serait pas une première pour la Cedeao. En 2000, la Mauritanie, alors 16è membre, s’était retirée de l’organisation sous-régionale, dans le but de se rapprocher davantage des pays du Maghreb dans le cadre de l’Union du Maghreb arabe.

ON-FD-ts

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